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Le Provana
Mardi 24 novembre 2020
15h30
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Cet événement est suspendu, il sera reprogrammé dès que la situation sanitaire nous permettra de l’envisager

Il n’y encore pas si longtemps, James Tissot restait dans l’ombre des impressionnistes, considéré par le grand public comme l’un de ces peintres mondains à peine capable de rivaliser avec un appareil photographique, sans réel génie mais avec tant de chic. L’exposition du musée d’Orsay rend enfin hommage au talent exceptionnel de ce grand artiste qui a su, comme personne, rendre compte de la société londonienne puis parisienne comme l’auraient fait Zola croisé avec Maupassant. Beaucoup de chic, en effet, pour les étoffes représentées avec élégance et amour de leur matière, ce qui n’a rien d’étonnant pour ce fils de drapier qui adorait visiblement les femmes et ce qui les mettait en valeur.

Si les jeunes années de l’artiste sont consacrées à assimiler la manière et le savoir-faire de ses aînés, il ne se tourne pas pour autant du côté des impressionnistes, mais continue à se montrer au Salon et trouve une clientèle mondaine qui lui permet d’amasser une fortune confortable, dont on pourra au passage admirer les effets, car il représente volontiers des visiteuses admirant ses bibelots et objets japonais.

Après la Commune, Tissot l’anglophile s’exile précipitamment à Londres et dépeint le milieu londonien d’un œil acéré, ce qui ne plaît pas toujours au public concerné. Qu’à cela ne tienne, l’artiste amoureux se met au vert dans sa demeure agrémentée d’un jardin inspiré entre autres par le parc Monceau. C’est là qu’il abrite ses amours avec sa muse, Kathleen, femme divorcée, donc outrageusement scandaleuse. Las, les tableaux témoignent de la beauté étiolée jour après jour de la belle qui décède de la tuberculose. De retour à Paris, inconsolable, James Tissot se lance dans le portrait de la Parisienne. Là encore, le public est refroidi par la sans doute trop grande justesse d’observation d’une peinture riche de sous-entendus que tout un chacun entend, à l’époque. Puis, c’est le mysticisme où va se plonger à corps perdu le peintre, se transformant en orientaliste inspiré après ses voyages en Terre Sainte et se lançant dans l’illustration de la Bible.

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